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Des champs à l’assiette, en passant par les étals des magasins, le bio tricolore poursuit le spectaculaire essor enregistré en 2015. Une réussite qui profite à la Nouvelle-Aquitaine

A quelques jours du lancement, le 1er juin, de la quinzaine du Printemps Bio, le grand rendez-vous national annuel d’information et de valorisation du bio, les chiffres de l’Agence Bio pour l’année 2016 confirment l’explosion de la filière dans l’Hexagone. Amorcée en 2015, cette progression inédite profite à la Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France et troisième pour la production bio. Loin d’être un effet de mode passager, l’engouement des Français pour des produits alimentaires respectueux de leur santé et de la nature, devient une tendance lourde. Une bonne nouvelle pour l’environnement mais aussi pour l’économie du pays, alors que l’agriculture française traditionnelle est en pleine crise. Explications.

Plus de 118 000 emplois en 2016

Au total, l’agriculture bio représente aujourd’hui plus de 118 000 emplois directs en équivalent temps plein, soit un gain de 32 500 emplois en seulement quatre ans et une augmentation de 11% de la filière de 2015 à 2016. Les quelque 32 300 fermes bio du pays, un chiffre en hausse de 12% sur la même période, pèsent désormais pour 10,8% de l’emploi agricole en France, et représentent environ 77 700 emplois.

Outre les producteurs agricoles « zéro pesticides », ce sont aussi près de 15 000 entreprises qui travaillent désormais pour la filière bio ( +10 %). De la transformation, à la distribution et le commerce l’import/export, elles génèrent pour leur part plus de 38 320 emplois directs. Sans compter les 2 000 emplois de la filière en matière de conseil, contrôle, formation, etc.

+17% de surfaces agricoles bio de 2015 à 2016 : plus d’1,5 million d’hectares engagés en bio

En progression constante ces dernières années, avec un pic de croissance hors norme en 2015, le nombre de conversions d’exploitations en bio a encore augmenté en 2016. Au 1er décembre dernier, plus de 1,5 million d’hectares étaient engagés en bio, soit une hausse +17 % par rapport à 2015. Sur la seule année 2016, 265 500 hectares sont ainsi passés en mode de production biologique, s’ajoutant aux 217 633 hectares en deuxième et troisième année de conversion. A la fin décembre, la bio représentait ainsi 5,7 % de la surface agricole utile (SAU) du territoire. Les secteurs les plus dynamiques sont ceux des grandes cultures et de l’élevage bovin, ovin et caprin. La vigne bio représente 9% des surfaces viticoles du pays.

Des paniers tricolores toujours plus bio : 7 milliards d’euros de produits bio vendus en 2016

Côté consommation, le temps est aussi au beau fixe pour la filière. Prise de conscience écologique ? Désir de s’alimenter différemment pour préserver sa santé ? Toujours est-il que, de l’autre côté de la chaîne, les Français sont de plus en plus nombreux à choisir dans les rayons des produits estampillés bio. En 2016, la consommation bio à domicile a bondi de 21,7% par rapport à 2015 et le marché a dépassé les 7 milliards d’euros. Soit un gain d’1,2 milliard d’euros en seulement un an. Tous les circuits de distribution sont concernés par cette hausse des achats.
Le bio représente 3,5 % du marché alimentaire des particuliers
Les plus dynamiques restent les magasins spécialisés bio (+23,7%), grâce à l’ouverture de nouveaux points de vente et de l’augmentation du panier moyen de leurs clients. Les grandes surfaces alimentaires (+22,5 %) et les boutiques d’artisans-commerçants (+19,2 %) ) connaissent aussi de belles marges de croissance. La vente directe (+15,1 %) affiche des résultats plus mitigés, en raison, selon l’Agence Bio, de conditions climatiques défavorables l’an passé. Comme en 2015, ce sont les rayons des fruits et légumes frais (+33% de hausse) et des produits d’épicerie bio (+24%) qui enregistrent les plus fortes croissances du secteur.
La restauration commerciale confirme cette tendance haussière : estimé à 182 millions d’euros (+10 % par rapport à 2015), le marché de la bio est aussi en plein essor dans ce secteur, de même que dans la restauration collective (cantines solaires…), avec 229 millions d’euros (+5 %).

La Nouvelle-Aquitaine, championne du bio : Dordogne, Gironde et Lot-et-Garonne, au palmarès des 20 premiers départements de l’Hexagone

Pour le nombre de conversions d’agriculteurs et les surfaces cultivées en mode biologique, la plupart des régions ont connu en 2016 une croissance à deux chiffres. Près de 60 % des fermes et de la surface bio tricolores se concentrent toutefois dans quatre régions dont la Nouvelle-Aquitaine, troisième sur le podium de la production bio français. La nouvelle entité qui recouvre Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, a progressé de 11,5% de 2015 à 2016 pour le nombre d’exploitations, et de 4,8% pour sa surface agricole. La Dordogne arrive au 7e rang national des 20 premiers départements du pays pour le nombre de producteurs bio, la Gironde au 12e rang et le Lot-et-Garonne au 14e.
L’Occitanie reste la première de la classe avec 7 218 fermes et 361 718 hectares, Auvergne-Rhône-Alpes arrivant en deuxième position, avec 4 771 fermes et 204 235 hectares, devant la Nouvelle-Aquitaine, troisième avec 4 700 fermes et 188 867 hectares. Enfin, Pays de la Loire ferme le ban avec 2 543 fermes et 150 595 hectares. Ces mêmes régions représentent plus de 40 % des entreprises de transformation et de distribution certifiées pour la bio. Dans ce secteur de la filière, les régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, densément peuplées, occupent aussi une place importante. (…)

Sources : Sud-Ouest Publié le 27/05/2017 à 6h58. Mis à jour à 7h06 par Cathy Lafon

 

 

 

 

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