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Réenchanter son travail sans tout plaquer

par Nathalie, le 22 août 2018

Témoignages de jeunes qui réinventent leur manière de travailler pour que leur vie professionnelle soit d’abord source d’épanouissement.

Pas besoin de changer de vie, de métier ou d’entreprise pour redonner du sens à son travail. Il existe plein de solutions alternatives à activer avant. Même au sein des grandes entreprises, les cadres d’organisation peuvent évoluer pour répondre aux attentes des Millennials.

Si Sarah, 30 ans, mène une vie de startuppeuse travaillant au Loft, un espace de coworking parisien dédié aux entrepreneurs, elle est pourtant salariée d’un grand groupe du CAC 40 qui opère dans le domaine de l’environnement. Cette financière repousse les limites de son poste et de sa boîte pour devenir intrapreneuse et monter elle-même un projet innovant dans les ClimateTech.

« Avec un collègue, directeur d’activité, on a repéré une vraie opportunité. Et le projet ne pouvait pas être monté de manière conventionnelle dans un grand groupe car il fallait aller vite ! », explique-t-elle. Soutenu dès le départ par le directeur général de leur entreprise, le binôme se lance. Une première expérience d’intrapreneuriat pour l’entreprise et une situation parfaite pour les deux salariés-entrepreneurs.

« On est très flexible et on a réussi à lever des fonds en interne. C’est le meilleur moyen d’avoir l’agilité pour faire vite grandir ce projet et avoir un impact plus large ». Sarah, qui se consacre aujourd’hui à 100% au démarrage du projet n’a qu’un objectif en tête : concrétiser son idée et en faire un standard mondial.

De nombreuses pistes à explorer en interne

Le mécénat de compétences est lui aussi un moyen original de sortir de son cadre d’action classique sans quitter sa boîte. Le principe : réaliser une mission pour une association à titre gracieux et sur son temps de travail. « C’est gratifiant ! », se réjouit Laurie, responsable marketing de 30 ans. En binôme avec la directrice de son agence, Digitall Conseil, elle s’appuie sur ses compétences pour accompagner l’association Bordeaux Mécènes Solidaires. « Nous les avons aidés à définir leur stratégie de communication digitale à partir d’un diagnostic préalable, en utilisant la même méthodologie d’accompagnement que pour n’importe lequel de nos clients habituels ! », explique-t-elle.

L’intérêt des grandes et moyennes entreprises pour le mécénat de compétences est récent mais il ne cesse de croître. D’après une étude de l‘Admical et de Pro Bono Lab, deux organisations de référence dans le mécénat, 24.000 entreprises proposent déjà à leurs collaborateurs de consacrer plusieurs jours par an à un projet d’intérêt général.

Plus à la marge, de grandes sociétés comme Pernod Ricard, Adecco, Arval, Eiffage Construction, Macif ou encore SNCF ont lancé ces dernières années des “shadow comex”, comités exécutifs formés exclusivement de jeunes. Entré en 2012 chez Havas, Romain Reveillere a été membre de la première promotion du “Comex digital native” en 2015-2016.

« Notre objectif était de créer une offre ou un produit censé disrupter l’activité d’Havas, comme si nous étions un concurrent bien décidé à prendre des parts de marché ! », confie ce dernier, appelé à donner à la fois  » avis sur la stratégie du groupe, et à être force de proposition sur de nouveaux projets qui potentiellement n’avaient rien à voir avec activités quotidiennes ». C’est ce qui l’a amené avec deux de ses collègues à explorer l’idée d’une agence dans l’univers des startups, pour finalement créer un partenariat avec Station F, où il travaille désormais au sein de l’accélérateur « adtech » lancé par Havas.

De manière générale, il existe un tas de solutions pour réenchanter son quotidien au travail : s’investir dans des programmes de formation pour évoluer dans son métier et interagir avec de nouvelles personnes ; se renseigner sur l’existence de programmes de “mentoring” voire de “reverse mentoring” au sein de votre société ; ou pourquoi pas participer aux actions menées par les comités d’entreprise ou les syndicats.

Changer de boîte mais sans changer de métier !

A défaut de pouvoir bouger les lignes en interne, il suffit parfois de changer d’entreprise pour retrouver du sens dans son métier. Laurie, qui fait du mécénat de compétences, a quitté les grandes agences parisiennes pour rejoindre Digitall Conseil, une agence conseil en transformation digitale basée à Darwin, un lieu alternatif de la rive droite de Bordeaux.

Si la jeune femme a envisagé changer de voie, elle retrouve aujourd’hui le plaisir d’exercer son métier en se rapprochant de la réalité du terrain et des besoins des entreprises locales. « Les PME et les startups que nous accompagnons dans leur transformation digitale ont besoin de nous », raconte Laurie. « On se sent investi d’une mission et on fait tout pour qu’elles ne restent pas au bord de la route ».

Vivre de son métier en indépendant.e

Pour des jeunes trop à l’étroit dans des cadres traditionnels, devenir indépendant peut offrir plus de liberté. Julien, directeur artistique de 30 ans, est arrivé à une conclusion : son caractère ne s’accommode pas du système pyramidal des structures traditionnelles. « Je n’y retournerai que par la force ! », lâche-t-il.

Si son statut lui permet de dire « non » à certains clients, il lui offre aussi la possibilité d’organiser son temps à sa façon en partageant mieux son temps entre ses projets professionnels et sa vie artistique : « Je fais partie d’une association et je fais de la musique. Je me sens à ma place. A terme, mon idéal serait de bosser à 50% et de faire des projets personnels le reste du temps ».

Façon slasher

Comme 4 millions de Français « slashers », Lucie cumule différentes activités. Elle a travaillé comme attachée de presse en agence avant d’y renoncer. « Le fonctionnement des agences perdait du sens pour moi. On ne rencontre pas tellement de personnes alors que l’essence même de ce métier, c’est le contact humain ! ».

Alors, elle a créé sa propre structure pour prendre le temps de nouer des relations durables avec ses clients et les journalistes. Mais la jeune femme de 28 ans ne s’arrête pas là. Pianiste de haut niveau, elle n’avait plus le temps de pratiquer. « J’avais une sorte de besoin vital de jouer de nouveau en public et de revivre des émotions d’artiste ». Cette passionnée a travaillé pendant un an un programme de soliste et fait aujourd’hui tout à la fois : elle gère sa S.A.S. et se produit en concert. « Je travaille trois fois plus qu’avant mais je sais pourquoi ! ».

 3 conseils pour se sentir à sa place

1.  Posez-vous les bonnes questions. Qu’est-ce qui fait sens pour vous ? Bien gagner votre vie ? Trouver un équilibre entre votre vie pro et votre vie privée ?

2.  Ne cherchez pas LA solution, car vos priorités et vos envies évolueront tout au long de votre vie. Si votre priorité actuelle est de voyager, vous aurez peut-être envie de stabilité et de temps libre dans quelques années.

3.     Sortez des logiques du tout, tout de suite. Vous avez envie de vous mettre à votre compte dès la sortie des études ? Quelques années de salariat pourraient pourtant vous donner des bases solides pour faciliter votre passage en freelance.

Source : start.lesechos.fr PAR PAULINE BIAN-GAZEAU

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